derrière les loups

Publié le par le soldat en chocolat

    Jean-Marie Muller : Prenons un conflit de récréation: deux enfants vont, pour une raison ou pour une autre, en venir aux mains. Il ne faut pas les laisser faire, il faut que l'adulte s'impose, qu'il intervienne et devienne médiateur. Non pas pour les punir violemment. Trop souvent, dans l'éducation, la violence a été un moyen auquel on a prété des vertues éducatives qu'il n'a pas. A l'évidence, la violence doit être bannie de toute éducation, de toute pédagogie. En même temps, il fa   ut veiller à ne pas castrer l'enfant dans son agressivité. le parent ou l'adulte risque de dire: "défends-toi", mais cela risque de lui signifier: "bas-toi". S'il veut rendre coup pour coup cela peut être très dangereux parce qu'il va peut-être recevoir davantage de coupsqu'il n'en pourra donner et cele ne va pas construire sa personnalité. Il faut donc" apprendre le conflit" aux enfants à partir de conflits de récréation, dès la maternelle, et les amener à "paroliser" leur violence, leur frustration, à mettre en paroles leur souffrance et leur violence.
    Finalement, il y a une règle d'or que l'on trouve dans toutes les sagesses: "Ne fais pas à l'autre ce que tu ne veux pas qu'il te fasse". La règle d'or s'énonce aussi de manière positive: "Fais à l'autre ce que tu veux qe l'autre te fasse". L'enfant comprend cela très bien.
Dans la revue Réel de fév. 2008 "le futur conjuguera-t-il la non-violence?"



Comment décrire l'effet qu'on eu ces mots sur moi?

"Fais à l'autre ce que tu veux qe l'autre te fasse"

L'impression que tout mon être n'attendait que ces mots pour que le déclic se fasse.
Pour que je puisse aller vers plus d'empathie vis-à-vis de mon grand bonhomme.
Le considérer avec plus de justesse.
L'accueillir.


Cela ne veut pas dire sans règles, sans limites.
Je suis sa mère et j'ai envers lui des devoirs éducatifs.
Le faire avec amour et bienveillance, si c'est possible, alors, pourquoi pas?



Et donc, plutôt que de lui hurler dessus lorsqu'il agresse sa soeur, m'approcher prestement et le toucher délicatement, puis lui parler d'un ton doux.

"Tu te rappelles, Saver', chez nous, on ne frappe pas? Tu as besoin d'aide pour rester correct?"
Et le contact, toujours le contact.

Ne plus contraindre sa main à lâcher sa prise, ni forcer l'ouverture de ses doigts, ni malmener son poignet, non plus de ça.
Rester là, l'accompagner, et donc éviter qu'il ne durcisse sa prise sur la peau de sa soeur, enfonçant ses ongles dans son bras.
Investir un peu de temps.
Être là aussi pour sa soeur, empathique, accueillir.


Et finalement me rendre compte que ça prends bien moins de temps, bien moins d'énergie, et que ça ne fait pas mal à la gorge.
Et qu'ensuite ils accepte facilement de partager mes bras pour un calin, sans vengeance, sans revenche, s'enlaçant même....


M'apercevoir même que de l'énergie, ça en donne.


Grâce à l'amour, la bienveillance....



Et la fierté que j'éprouve pour ce changement que j'arrive à initier.....






Publié dans en chemin

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Algrid 18/07/2008 17:52

BRAVO ! !

le soldat en chocolat 19/07/2008 17:29


*(^_^)*
merci...


lilou 16/07/2008 19:19

c'est très beau, et très juste ce que tu dis là....je suis heureuse pour Savero, pour Aprile, et pour toi aussi, parce que c'est un sacré pas que ce pas là! 

le soldat en chocolat 19/07/2008 17:29


merci